samedi, décembre 4, 2021
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Affaire Pandora Papers : comment DSK avait séduit le président Macky Sall et obtenu ses premiers marchés

Impliqué dans l’affaire des « Pandora Papers », Dominique Strauss Kahn est épinglé en partie pour avoir travaillé avec le pouvoir sénégalais. Diantbi.com retrace le processus qui a mené l’ex-patron du FMI au président Macky Sall.

Les liens d’affaires occultes entre le Sénégal et Dominique Strauss Kahn alias DSK ont été ébruités de nouveau par le Consortium international des journalistes d’investigations (ICIJ) à travers les « Pandora Papers ». Ce dernier, à travers des documents devenus publics, a révélé que l’ex-patron du FMI a obtenu de la présidence sénégalaise des marchés et services rémunérés à hauteur de 950.000 euros (622 millions FCFA) via une institution publique, sous le code marché «Vs Sénégal ». Un joli pactole viré dans le compte de la société « PARNASSE INTERNATIONAL », propriété de l’ex ministre français de l’Economie et installée depuis 2013 à « Casablanca Finance City », une zone franche de la grande métropole marocaine qui offre des avantages fiscaux importants aux investisseurs. Cette transaction est inscrite dans la rubrique VTE du « Grand-livre des comptes » de la société de droit marocain à la date du 24 février 2017.

Dans cette nébuleuse entre le pouvoir sénégalais et DSK, il n’y a point de hasard. En effet, le 22 janvier 2017, Dominique Strauss-Kahn avait été reçu au palais de la République par le Président Macky Sall, en présence de Amadou Bâ et Birima Manga, alors respectivement ministre de l’Economie et des Finances et du Budget. Une deuxième audience avec le chef de l’Etat sénégalais avait eu lieu en février 2017, « sur demande de DSK ». L’ex patron du FMI aura réussi son coup : convaincre le président Macky Sall à faire de lui un « commercial VRP» au compte du Sénégal . Embauché en qualité de consultant pour le Plan Sénégal Émergent, DSK a pour mandat d’appuyer l’instauration de partenariats avec l’ex-bloc soviétique et d’attirer de nouveaux investisseurs pour le Sénégal.

DSK a-t-il été à la hauteur de ses rémunérations ? Qu’a-t-il apporté au Sénégal quand on sait que le PSE s’est enlisé depuis ? La présidence de la République ne communiquera nullement sur un point aussi sensible. Seulement, à l’époque des faits, des voix échappées du pouvoir, sous couverts de l’anonymat, s’étaient levées pour fustiger les contrats octroyés par le Sénégal à DSK. « Le Sénégal est une bonne pioche pour lui, et non l’inverse », disait l’une d’elles. « Je ne vois pas très bien ce que Strauss-Kahn peut nous apporter », confessait également un proche de la présidence. En guise de riposte, un ministre, toujours sous le couvert de l’anonymat, lâchait : «On peut condamner ce que DSK a fait (son affaire avec Nafissatou Diallo, Ndlr) mais nul ne peut demander à notre Etat, mobilisé depuis 2014 sur le PSE, de se priver de ses compétences ni de son réseau ». Soit.

L’enquête du Consortium international des journalistes d’investigations (ICIJ) à travers les « Pandora Papers » révèle que DSK a pratiqué l’optimisation fiscale en implantant des sociétés dans des pays à la fiscalité plus souple, comme le Sénégal. Pour la petite histoire, il est de notoriété publique qu’au début, l’ex ministre français de l’Economie avait eu du mal à convaincre le président Macky Sall. Ce dernier se méfiait-il au départ de la réputation sulfureuse de DSK ? Possible. L’ex-boss du FMI finira par entrer dans les bonnes grâces du chef de l’État sénégalais. A-t-il usé de ses relations et de certains lobbys ? Possible aussi. Toujours est-il qu’après un rapport qu’il a rédigé sur la réforme du franc CFA, DSK finit par séduire bon nombre de chefs d’Etats africains. Dont Macky Sall.

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