mercredi, décembre 7, 2022
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Afrique Ouest : Coup d’État, à qui le tour ?

À la Une de la presse des pays de la région Ouest de l’Afrique, les réactions au coup d’État au Burkina Faso, où les militaires ont destitué, lundi 24 janvier, le président Roch Marc Kaboré introuvable. Une action saluée par la population.

Outre le « cocktail explosif » des « querelles incessantes entre politiciens » et de « l’incapacité des dirigeants à assurer la sécurité », Wakat Sera explique aussi ce coup d’État au Burkina Faso par un « effet de contagion » venu du Mali voisin. Alors que la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) bat son plein, le site burkinabé file la métaphore footballistique : « Après un dribble diabolique qui a désarçonné la défense malienne, le colonel Assimi Goïta a adressé une courte passe au colonel guinéen Mamady Doumbouya, qui a fait un long centre vers le colonel burkinabè Paul Henri Sandaogo Damiba, le nouvel homme fort du pays, qui d’une tête imparable, a cloué au pilori le gardien de but Roch Marc Christian Kaboré ».

Avec ce coup de force, une nouvelle période d’interrogations s’ouvre pour le pays des Hommes intègres. « Quels lendemains pour le Burkina Faso ? » : Le Pays espère que « la situation n’expose pas (sa population) à de lourdes sanctions internationales », à l’image du Mali. Le journal burkinabè estime qu’il est temps, pour les Africains, « de revoir de fond en comble leur système électoral », « pour qu’au-delà de la légalité des urnes », les présidents élus « aient la légitimité nécessaire pour être à l’abri des coups d’État ».

Après le Mali, la Guinée et le Burkina Faso, « à qui le tour? », s’interroge Le Djély. D’après le site d’information guinéen, l’Afrique de l’ouest ferait actuellement « les frais de la décadence éthique de ses dirigeants ». Selon lui, deux d’entre eux illustreraient particulièrement « ce recul préjudiciable » : l’ancien président guinéen Alpha Condé et l’actuel président ivoirien Alassane Ouattara, deux anciens opposants martyrisés (qui ont) fait le choix, avec une arrogance assumée, de s’offrir des troisièmes mandats, envoyant ainsi un très mauvais signal à l’ensemble de la région.

Pour Le Djély, tel serait « le dirigeant-type » de l’Afrique de l’ouest d’aujourd’hui : « aucune empathie, mais un mépris érigé en comportement. D’où la désinvolture avec laquelle certains d’entre eux ont abordé la dégradation de la situation sécuritaire au Sahel. Rien d’étonnant donc, si partout on célèbre leur chute. Rien d’étonnant que partout, l’armée veuille exploiter ce fossé entre les dirigeants et les populations ». « Ce qui s’est passé au Mali, en Guinée et hier au Burkina Faso, risque de se produire prochainement à Niamey, à Abidjan, à Cotonou ou même à Dakar », prophétise le site, qui évoque lui aussi un « effet de contagion », renforcé par un contexte « où la France est perçue comme la complice du diable ».

« L’Afrique de l’Ouest serait-elle en train d’inventer un nouveau concept ? Celui de ‘coup d’État militaire populaire », écrit Libération. D’après le journal, « les scandales de corruption et l’incapacité à freiner les djihadistes, ont fini par décrédibiliser le pouvoir civil » dans la région. « La tentative de coup d’État au Burkina menace l’avenir de l’opération Barkhane et risque de porter un coup fatal à l’engagement militaire des européens dans la sous-région » : La Croix parle d’« un scénario catastrophe pour la France », qui considère le Sahel « comme capital pour sa sécurité et celle de l’Europe ». Le journal, lui, se demande « si c’est encore le cas », tant les candidats à la présidentielle « sont avares de propositions sur le sujet ».

(Revue de presse FRANCE24)

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