dimanche, janvier 16, 2022
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Chine/Afrique : Des avis mitigés sur un partenariat de 20 ans

C’est à Dakar, capitale du Sénégal, que se tient le 8ème Forum sur la coopération sino-africaine (FOCAC). Un partenariat diversement apprécié par les experts en économie.

Ce Sommet, organisé tous les trois ans depuis 2000, a pour but de faire le bilan de la coopération économique entre la Chine et l’Afrique qui a connu une expansion rapide au cours de ces deux décennies. Le rendez-vous de Dakar (du 28 au 30 novembre) est axé sur le thème : « Approfondir le partenariat et promouvoir le développement durable pour bâtir une communauté d’avenir partagée, dans une nouvelle ère ». Le Forum est ouvert ce lundi matin au Centre International de Conférences Abdou Diouf (CICAD) à Diamniadio par le Président Macky Sall ainsi que son homologue Xi Jinping (en visioconférence).

La Chine entretient des relations diplomatiques avec 53 pays du continent.  Ce qui fait d’elle « le plus grand (ou premier) partenaire commercial de l’Afrique depuis 2009 », selon le livre blanc publié à cette occasion. Il s’agit d’une « coopération mutuelle bénéfique et apportant des avantages tangibles aux populations des deux parties ». Mieux, « la proportion sur le commerce extérieur a continué d’augmenter et a dépassé 21% en 2020. La structure du commerce s’améliore, les exportations de produits mécaniques électriques et de haute technologie représente maintenant plus de 50% du total ».

Un « partenariat d’égalité » qui s’insère dans le projet chinois dénommé Belt and Road Initiative (BRI) ou la Nouvelle route de la soie. Du pain bénit pour l’Afrique, en particulier le Sénégal ? Les spécialistes locaux de l’économie ne parlent pas le même langage. Selon Demba Moussa Dembélé, « les pays du continent gagne plus avec la Chine, parce qu’elle propose une coopération différente des autres (…) Les échanges commerciaux sont évalués à plus de 200 milliards F CFA. Elle participe à la construction des infrastructures. Sur le plan géopolitique, elle a fait que les partenaires traditionnels ont un nouveau regard sur l’Afrique ».

En plus, « la Chine ne s’ingère pas dans les affaires intérieures de nos pays. Elle respecte leur indépendance et leur souveraineté. On ne l’a jamais vu brandir la sanction contre nos État. Ce que font les autres, qui interviennent même dans nos élections. Nous avons besoin de considération », souligne l’initiateur des samedis de l’économie au micro de la RFM. Et de rappeler que la Chine a des prêts meilleurs. « Le ministre des affaires étrangères du Sénégal Aïssata Tall Sall annonce 1200 milliards F CFA octroyés à 85% sous forme concessionnelle. C’est-à-dire les taux les plus bas. Cela est très rare ».

Sauf que son co-débatteur l’économiste-chercheur Mansour Samb croit que la Chine tire plus profit de ce partenariat. « Ce qu’elle fait en Afrique, elle ne le fait pas en Europe. On en a la certitude, des études ont été faites à ce niveau ».  Avant d’indiquer : « Les États-Unis ont USAID, le Japon a la JICA, il y a la AFD en France. Ce sont là des agences qui viennent travailler avec nos pays, qui se trouvent dans des situations difficiles. Il s’agit de partenaires actifs au niveau de l’agriculture (le riz), des écoles, de l’assainissement, des secteurs sociaux de base. Cela est très important pour notre développement ».

Tout au contraire de la Chine qui n’intervient « qu’à travers ce qu’on appelle l’Eximbank, un système mis en place par les banques pour le commerce extérieur. Son efficacité pose un sérieux problème. Quand on veut une route ou un stade, on te l’exporte. La Chine donne l’argent en dette et ce sont ses entreprises qui viennent avec les brouettes, les pelles… pour la construction. C’est un système pour exporter leurs produits, venir conquérir des marchés dans les pays africains. Ce que les gens ont toujours dénoncé. Il s’agit d’une aide qui ne l’est pas vraiment », soutient-il.  

Pour Mansour Samb, « il faut faire attention au financement chinois. Nos États n’ont pas la capacité de bien négocier avec ce partenaire. Il n’y a pas d’appel d’offres. Ce sont leurs entreprises qui viennent exécuter et rentrer. Même les sociétés locales qui travaillent dans leurs projets sont traitées d’une certaine façon. Concernant les prêts concessionnels (taux bas), les partenaires traditionnels le font maintenant. En plus de permettre aux entreprises sénégalaises de gagner des marchés, l’argent est logé dans nos banques et l’économie se développe ».

Cet argumentaire ne devrait pas changer la donne. Surtout que les nations africaines ont plaidé lors de ce Forum de Dakar pour le renforcement des relations avec le pays de Xi Jinping. « Les membres de la FOCAC doivent continuer d’œuvrer ensemble au renforcement de notre partenariat amical, solidaire et mutuellement bénéfique », a écrit le Président du Sénégal Macky Sall sur son compte twitter. La rencontre de Dakar sera clôturée ce mardi.

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