dimanche, décembre 5, 2021
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Guinée Conakry : A qui profite le coup d’État ?

La page Alpha Condé tournée, reste aux putschistes à ouvrir une nouvelle fenêtre pour l’avenir à court terme de la Guinée. Avec quels hommes ?

Le monde entier est curieux de voir le chemin que va prendre la Guinée post-Alpha Condé. Après le coup d’État de ce dimanche 05 septembre et la prise de pouvoir par le Colonel Mamady Doumbouya, l’heure est aux interrogations et autres spéculations sur la transition. Le commandant du groupement des forces spéciales (GPS), dans une déclaration lue à la télévision guinéenne hier vers 21h, a proclamé la dissolution de l’administration, la déchéance du gouvernement remplacé par les Secrétaires généraux des ministères et convoqué ce lundi à 11h au palais du peuple. « Tout refus de se présenter sera considéré comme une rébellion contre le CRND », a signalé le communiqué du Comité National de Rassemblement et du Développement (CNRD). Seuls les fonctionnaires ont été invités à reprendre le travail dès ce lundi. Des mesures fortes tendant à tourner définitivement la page noire du régime du président Condé. Et à préparer la suite de cette fameuse transition. Avec quels hommes ?

« Nous invitons tous les responsables de la société civile et les différents partis politiques a une rencontre d’urgence pour que collectivement nous sortions de ce moment inaugural et amorcer la seconde étape, celle d’organiser la société guinéenne sous les principes de l’État de droit. Ce qui inclura essentiellement une réorganisation de l’armée afin de mettre un terme à sa longue et tragique politisation ». Tel est un des points de la déclaration du Comité National de Rassemblement et du Développement (CNRD) dirigé par le Colonel Mamady Doumbouya. Les termes sont clairs : instaurer un Etat de droit dans cette Guinée déchirée et impliquer la classe politique, la société civile et l’armée remodelée. Si ce n’est un vœu pieux, la bataille des putschistes est loin d’être gagnée tant le pays de Sékou Touré est miné par mille divergences ethniciste, sociale et politique.

« C’est parce que le respect de notre dignité est bafoué depuis 1958 par une minorité qui confisque le pouvoir et ses avantages économiques que nous avons pris l’initiative, convoqués par le sens du devoir, de créer les conditions d’un nouveau départ politique et social. L’action que nous accomplissons aujourd’hui se veut par ce fait même un premier pas. Un moment inaugural (…) Ce dont nous manquons et que nous avons manqué, ce sont des hommes capables de traduire politiquement et économiquement cette richesse qu’est la Guinée. ». Ces hommes capables de traduire politiquement et économiquement cette richesse qu’est la Guinée sont-ils parmi la classe politique guinéenne actuelle, la société civile ou l’armée ? Le chef de l’opposition guinéenne, Cellou Dalein Diallo, qui a toujours proclamé sa victoire lors de l’élection présidentielle controversée de 2020, se positionne comme le premier interlocuteur des militaires putschistes. Si rien ne le lie de fait à Mamady Doumbouya, un militaire de surcroit malinké, tout concourt à le placer sur orbite en cas d’élection présidentielle anticipée. Le candidat de l’UFDG (Union des forces démocratiques de Guinée), conforté par sa position par ce coup d’État, va s’aligner dans un premier temps sur les militaires par stratégie politique. Paradoxalement, les organisations continentales types CEDEAO et UA, qui avaient fermé les yeux sur la réélection de Condé en 2020, pourraient être tentées de « réhabiliter » Cellou Dallein Diallo aux yeux des Guinéens et de la communauté internationale.

La question demeure lancinante : combien de temps va durer la transition des militaires guinéens ? Mamady Doumbouya va-t-il se retirer au bout de cette transition ou conserver le pouvoir comme cela s’est vu par le passé dans certains pays africains en proie à des coups d’État ? Pour le moment, le chef du CRND a voulu rassurer son monde en indiquant que la finalité de leur action est de rétablir une démocratie en Guinée à travers l’État de droit. La communauté internationale, qui a déjà condamné le putsch et réclamé la libération du président Condé, va devoir se ranger derrière les Forces spéciales guinéennes dans les jours à venir comme cela avait été le cas au Mali et au Tchad récemment. Le Colonel Doumbouya, qui n’a montré aucun signe de rébellion, semble ouvert au dialogue. Sa communication dans les jours à venir sera particulièrement épiée. Pour cause, cela engage l’avenir proche post-Alpha Condé de la Guinée Conakry.

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