mardi, février 7, 2023
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3e mandat : A quel Ismaïla Madior Fall se fier ?

C’est maintenant clair. La coalition au pouvoir « Benno Bokk Yaakar » travaille pour donner un troisième mandat au Président Macky Sall. Pour le ministre et constitutionnaliste Ismaïla Madior Fall, sa candidature ne relève plus du droit.  

D’un homme politique : chacune de ses mains ignore celles que serre l’autre. Comme pour paraphraser l’écrivain français Gilbert Cesbon, auteur du livre Journal sans date. La volteface du ministre de la justice Ismaïla Madior Fall, par ailleurs professeur de droit constitutionnel, donne tout son sens à cette assertion. Rédacteur en chef de la réforme constitutionnelle en 2016, il était catégorique sur la question de la 3e mandature : « L’article dit : le Président de la République est élu pour deux mandats. En plus, nul ne peut exercer plus de deux mandats consécutifs (répété à trois reprises). Donc, c’est clair ».

Sauf que cette évidence ne « lie » plus l’homme d’Etat que le constitutionnaliste est devenu. Pour le responsable du parti de l’Alliance Pour la République (APR) : « La politique, c’est la représentativité, la popularité. Si la majorité des Sénégalais demandent au Président Macky Sall de continuer et qu’ils se mobilisent pour lui donner leurs votes en 2024, cela va se faire ». Avant de motiver l’intérêt de la vente des cartes de militant : « Si on obtient 2 millions, cela veut dire qu’autant de personnes veulent un 3e mandat. On ne peut rien contre la volonté du peuple. On ne parle plus de droit ».

De ces deux postures, on ne sait pas à quel Ismaïla Madior Fall se fier. Le « tailleur » vient de réajuster les longueurs de sa couture sur mesure pour le locataire du palais. Cela acte la fin du suspense sur le « ni oui ni non ». Le Garde des Sceaux valide le vœu de la coalition « Benno Bokk Yaakar » en vue de l’élection présidentielle 2024. C’est ce que croit le leader du parti Awalé, Dr Abdourahmane Diouf. « Il aura choisi Rufisque pour annoncer la forfaiture d’un coup d’état constitutionnel à venir. Suprême affront ! Il a balisé le chemin à son patron (Président Macky Sall) », commente-il sur sa page facebook.

Avant de souligner : « Quand on n’est pas éligible à un mandat, on n’est pas éligible à une candidature. Quand le Président décidera de ne pas respecter sa Constitution, cela voudra dire qu’il n’y a plus de lois dans notre pays. Les jeux sont ouverts ! ». Parce que le professeur de droit constitutionnel est maintenant un ministre d’Etat. Une fonction politicienne. Et sa conviction que « nul ne peut exercer plus de deux mandats consécutifs » est désormais dépourvue de valeur juridique. En principe.

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