vendredi, décembre 2, 2022
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Affaire Mancabou : la question des violences policières au Sénégal

La mort de François Mancabou survenue alors qu’il etait détenu au commissariat central de Dakar depuis le 17 juin 2022 pour des présomptions d’actes terroristes, secoue le Sénégal. Accidentelle pour le procureur, due à la torture pour la famille, elle pose, au delà de sa tragédie la question des violences policières au Sénégal.

Me Karl Pape, avocat du bureau de Montréal vient d’entrer dans le pool d’avocats de la famille de Francois Mancabou. Il faut y voir autre chose qu’une simple mobilisation de la communauté manjaque.

Me Diallo, directeur d’Amnesty Sénégal est également commis par la famille.

Nous assistons a une internationalisation de l’affaire Mancabou.

Mais il est une dimension, qui n’apparaît pas encore de manière claire. Elle le sera quand l’émotion sera un peu retombée.

Plus que la mort d’un homme, en ces temps et dans des conditions troubles, il s’agira d’un round up sur les violences policières.

Nous avons grandi avec. En avons été victimes pour certains d’entre nous. Car le fatalisme de notre société nous a poussés depuis des générations à accepter l’inacceptable : les brimades, les insultes et les coups.

« Alkati du bayi door » : frapper et policier, un couple à vie » (traduction libre). Cette expression, souvent plaisante, est employée dans notre vie de tous les jours. Sans en discerner la face hideuse. Nous avons abdiqué de notre capacité d’indignation, devant une dérive que tout démocrate devait corriger depuis les indépendances.

Mais cette police coloniale, qui battait nos chefs de village sur la place publique pour ne pas avoir payé ses impôts, brutalisait des âmes noires, a exercé sa violence sur les populations du Senegal indépendant, maté les diaïstes, le PAI de Majmout Diop, les aspirants à la liberté de mars 1963, les étudiants de mai 68, Blondin Diop, lointain prédécesseur de François Mancabou dans sa cellule de Gorée, a l’aube des années 70.

Traquer et torturer les militants de gauche sous Senghor.

Brutalisé élèves et étudiants sous Abdou Diouf : en 1988 et 1993, torturé Modou Sy et Ablaye Faye, députés PDS. Mais, tous ceux qui ont vécu dans le Sénégal de cette époque le savent : tout du long des années Diouf.

Ironie du sort, c’est cette même police qui, sous Wade, a brutalisé des blessés de guerre de notre armée nationale qui réclamaient leur dû, empêché des Sénégalais de tenir des marches, que la Constitution autorisait, tué Bassirou Faye a l’Ucad, Wade rejoignant Diouf et Senghor dans la confiscation des droits élémentaires de notre démocratie.

Le Dragon écrasant les membres et la vie de Mamadou Diop. Ce nouveau pouvoir matraquant, arrêtant, brisant toute opposition.

La violence policière confisquant la démocratie sénégalaise. Des vies et des libertés. Brisant net des vies et des espoirs. Brisant le Sénégal. Fracturant notre pays. François Mancabou en est le symbole sanguinolent.

Osageyfo

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