vendredi, décembre 2, 2022
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AccueilPolitiqueAlioune Tine : « La démocratie sénégalaise est malade de ses hommes politiques »

Alioune Tine : « La démocratie sénégalaise est malade de ses hommes politiques »

Les préparatifs des prochaines élections législatives (31 juillet 2022) laissent entrevoir une tension, qui caractérise l’immaturité des acteurs politiques.  

Le débat sur l’irrecevabilité des listes « Yewwi Askan Wi » et « Benno Bokk Yakaar » en perspective des élections législatives 2022 (31 juillet) a fini par faire monter ma température. De polluer le climat social. « Ce qui se passe sur la scène politique laisse voire les difficultés auxquelles on peut s’attendre d’ici 2024. On se demande si les grandes manœuvres ont déjà commencé. Il y a la tension avec tous ces policiers devant la DGE, alors qu’on est dans la phase de dépôt des dossiers », constate le fondateur de Afrikajom center Alioune Tine.

Avant de poursuivre : « Cela montre que notre démocratie est malade de ses hommes politiques. Il faut très rapidement qu’on réfléchisse sur ses pathologies surtout à l’approche des élections, sur le comportement des acteurs. Nous avons besoin d’en discuter largement. Évaluer notre système, c’est cela qui nous manque. Au terme de chaque échéance électorale, on ne fait pas de bilan. Que le gouvernement, l’administration, la justice, la société civile, les acteurs politiques, les médias et les organes de régulations s’assoient autour d’une table ».

Afin de voir ce qu’il faut faire pour améliorer notre démocratie. « Parce que tout le monde nous regarde. Une fois, j’ai fait un tweet : « La force du Sénégal est d’avoir une paix civile, la stabilité politique et une démocratie qui fonctionne ». Après, il y a beaucoup d’États de la sous-région qui m’ont dit : « Nous vous envions ». Donc nous n’avons pas droit à l’erreur. C’est vrai y a des hauts et des bas. Mais ce qui permet de réguler, c’est le débat, la confiance entre les acteurs », argumente Alioune Tine au micro de Soir d’Info.

Dans ce dessein, une réflexion s’impose autour du mécanisme de parrainage qui, initié en 2019, s’avère un facteur divergent pour les acteurs politiques. « Il a été très contesté par l’opposition. Il suscite beaucoup de controverse. On y voit aussi énormément d’incohérences. Par exemple, le parrainage pour l’élection présidentielle n’est pas le même que celui des Législatives… On sent les contradictions internes (dans les coalitions). Il faut une réflexion profonde pour avoir un vrai consensus. C’est important ».

Le droit-de-l’hommiste demeure convaincu que « le dialogue politique devait permettre de prévoir ce qui se passe actuellement. Notre parrainage ressemble à une course d’obstacles. Il est attentatoire à la liberté de participation aux élections ». Alors qu’il y a « des candidats recalés qui ont le parcours, la légitimité et la capacité de renouveler le discours, d’innover. Il faut ouvrir le jeu avec une certaine générosité. Et de laisser soins aux citoyens de choisir. La démocratie sénégalaise est menacée par le parrainage ».

Et il plaide pour une pacification du champ politique. Ce qui revient en premier lieu au chef de l’État. « Il faut que les hommes politiques arrêtent de nous décevoir. Ils ont un besoin de s’entendre et de régler les problèmes par le dialogue ».

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