samedi, décembre 4, 2021
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Amadou Hott, comme un dindon dans une farce économique

Amadou Hott, le Ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération est apparu comme un dindon dans une farce économique difficile à faire passer dans l’imaginaire des gorgorlous sénégalais, en essayant de prendre le contre pied de l’enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages (EHCVM) financée par la Banque mondiale (BM) et réalisée par le Sénégal avec l’Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ASND) sur l’initiative de la Commission de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA).

En réalité, sur le plan empirique, les Sénégalais sont agressés par une pauvreté galopante qui impacte toute une population dans un contexte d’insécurité alimentaire et sociale et de Covid 19 qui n’ont pas épargné les plus grandes puissances économiques.

Même si on a appris Adam Smith, Keynes ou Karl Marx et les autres théoriciens de la pensée économique, parfois, il faut savoir rester factuel et concret. Mais, le Ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération a voulu joué au soldat de Macky Sall et s’est plutôt livré à un exercice de politique politicienne visant à admettre vaille que vaille que le taux de pauvreté est en train de régresser au Sénégal. Kawtef!

Pourtant dans l’entête de cette enquête de l’Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ASND) figure « La République du Sénégal » suivie du ministère de l’Économie, du Plan et de la Coopération que dirige Amadou Hott.

Malgré tout, drapé dans des habits de courtisan et de troubadour d’un régime qui vient d’interdire il y a quelques jours la manifestation contre la vie chère de Nio Lank, le technocrate est apparu presque comme un funambule méconnaissable dans un exercice d’équilibriste de cirque qui ne lui fait pas honneur.

«Les résultats de l’enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages réalisée par l’Ansd, en collaboration avec la Banque mondiale, ont fait l’objet d’une large exploitation faisant croire que la pauvreté a augmenté dans le pays alors qu’en réalité le taux de pauvreté a nettement baissé », a fulminé le ministère de l’Économie, du Plan et de la Coopération dans un communiqué officiel parcouru par diantbi.com.

La réponse du berger à la bergère n’a pas tardé. En effet, l’ancien député de l’Alliance pour la République (APR) Moustapha Diakhaté n’a pas laissé cette forfaiture républicaine. Pour lui, avec « cette polémique avec l’Ansd, Amadou Hott a tout simplement abîmé la République », pour ne pas dire l’’orthodoxie républicaine.

« Pour la première au Sénégal, un Ministre de l’économie déchire un rapport de l’Ansd, une structure placée sous son autorité et chargée de suivre, en toute autonomie, la conjoncture et la prévision économiques. Pour des raisons politiciennes, Monsieur Amadou Hott cherche à jeter le discrédit sur le seul organisme officiel de l’état sénégalais dont la rigueur et le sérieux sont reconnus par les partenaires techniques et financiers de notre pays. Qu’à cela ne tienne et heureusement ! Le rapport de l’Ansd, contrairement au tintamarre des courtisans, est un puissant plaidoyer pour une introspection sérieuse de la lutte contre la pauvreté au Sénégal. », a écrit Moustapha Diakhaté sur sa page facebook visitée par diantbi.com.

Avant d’ajouter :« manifestement, les filets sociaux (les bourses de sécurité familiales, couverture de maladie universelle entre autres ), sensés combattre la pauvreté ont été inefficaces. La leçon à tirer du rapport de l’Ansd est qu’une bonne partie de la population sénégalaise, 6 millions de nos compatriotes, continue à tirer la langue et à chercher la queue du diable. Au lieu de polémiquer et de chercher à ternir le travail de l’Ansd, Monsieur Amadou Hott doit faire un bon usage du rapport pour déceler les faiblesses des politiques publiques de lutte contre la pauvreté et les inégalités sociales et territoriales. »

Selon l’Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ASND), en considérant la perception des ménages sur leur propre niveau de pauvreté, 50,9% des sénégalais se considèrent comme pauvres (soit 42,9% pauvres et 8,0% très pauvres).

Et Moustapha Diakhaté de conseiller : «  Pour ce qui le concerne, le Président Macky Sall commettrait une erreur monumentale en cautionnant la thèse des flagorneurs qui présentent l’Ansd comme une officine qui veut nuire à son leadership et sa clairvoyance. »

En définitive, selon le résumé analytique cette enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages sénégalais, lu par diantbi.com, « cette étude d’envergure nationale a porté sur un échantillon de 7156 ménages et la collecte s’est tenue en deux vagues ayant duré chacune 3 mois. La première vague s’est déroulée de septembre à décembre 2018 et la seconde d’avril au mois de juillet 2019. Deux questionnaires ont été élaborés : l’un est administré aux ménages et l’autre conçu pour collecter des informations sur les localités de ces ménages. »

Moustapha Diakhaté a conseillé au Président Macky Sall de commettre l’erreur monumentale de cautionnant la thèse des flagorneurs qui présentent l’Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ASND)comme « une officine qui veut nuire à son leadership et sa clairvoyance. »

Toujours selon le résumé analytique de cette enquête, « la mise en place d’une équipe de veille et l’usage des supports électroniques a permis de contrôler la cohérence des données durant tout le processus. En outre, les données collectées ont fait l’objet de traitement additionnel avant la production des principaux indicateurs. Ainsi, le taux de pauvreté monétaire est estimé à 37,8% en 2018/2019, soit une baisse du niveau de pauvreté de cinq points par rapport à 2011 (42,8%) à l’issu des travaux de raccordement. »

« Malgré cette baisse du taux de pauvreté, le nombre de pauvres a augmenté au Sénégal (5 832 008 en 2011 contre 6 032 379 en 2018). Par rapport au milieu de résidence, la pauvreté est plus accentuée en milieu rural (53,6% contre 19,8% pour le milieu urbain) où il ressort une baisse plus importante du niveau de pauvreté par rapport à 2011 (5,2 points contre 2,1 points pour le milieu urbain) ».

« En ce qui concerne le niveau de pauvreté par région, il ressort de l’analyse que les régions de Sédhiou (65,7%), Kédougou (61,9%), Tambacounda (61,9%), Kolda (56,6%), Kaffrine (53,0%) et Ziguinchor (51,1%) sont les plus touchées. »

En considérant la perception des ménages sur leur propre niveau de pauvreté, « 50,9% des sénégalais se considèrent comme pauvres (soit 42,9% pauvres et 8,0% très pauvres). » Quoi de plus édifiant, mais, manifestement Amadou Hott, pourtant né à Thiaroye gare, au Sénégal, le 25 octobre 1972, refuse de tirer le diable par la queue.


L’enquête harmonisée sur les conditions de vie des ménages (EHCVM) financée par la Banque mondiale (BM) a été réalisée par le Sénégal avec l’Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ASND) sur l’initiative de la Commission de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA).

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