mardi, février 7, 2023
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Assemblée nationale : « Bloquer le budget, c’est faire le jeu du pouvoir »

Le budget du Sénégal pour l’année 2023 est estimé à 6400 milliards F CFA. Les tiraillements entre pouvoir et opposition font craindre le pire : un blocage.

C’est parti pour la session budgétaire à l’Assemblée nationale. La première de la 14e Législature en vue de l’adoption du projet de loi de finances 2023. Dans la nouvelle configuration (50-50 entre le pouvoir et l’opposition), la probabilité d’un blocage n’est pas écarter. Il est même évoquer par certains députés. Un procédé qui semble inopportun. « Ce n’est pas la meilleure chose pour les Sénégalais », selon le leader de l’Alternative Diisso Théodore Chérif Monteil.

Avant d’expliquer : « Parce que si on dépasse les 60 jours autorisées, le Président de la République peut invoquer l’article 52 de la Constitution qui dit en cas de blocage des institutions et de non-fonctionnement des politiques publiques, il prend les pouvoirs exceptionnels et gouverne par décret. En ramenant les crédits qui ont été déjà votés en 2022. C’est ça qu’il va exécuter. Est ce que cela est la bonne solution ? En tout cas, l’Assemblée nationale ne peut pas l’empêcher de travailler ».

Pour le désormais parlementaire, il est impératif pour les deux camps privilégier la discussion et la recherche du consensus. « Ma conviction est qu’on a aujourd’hui une grande opportunité pour faire les grandes réformes », dit Chérif Monteil. Avant de souligner : « Même si l’opposition avait la possibilité de renverser le gouvernement, ce qui va se passer est : le Président peut nommer les mêmes ministres et pendant un an la loi ne permet plus de faire une motion de censure ».

En plus, « si l’opposition introduit une proposition de loi, le chef de l’Etat peut ne pas la promulguer et la renvoyer pour une seconde lecture. Dans ce cas, il faudra disposer de 99 députés pour que ça puisse passer. Donc le blocage du budget n’est pas un avantage. Maintenant, les députés de l’opposition peuvent profiter de cette situation pour montrer un aspect (de la gouvernance) qui n’est pas conforme aux aspirations du peuple ». Autrement dit, tout dépend de l’objectif de chaque partie.

La stratégie que Chérif Monteil trouve être la meilleure, c’est d’activer les commissions d’enquête parlementaires. « Par exemple, celle de l’urbanisme, l’habitat et le transport, contrôlée par l’opposition, est d’une importance capitale. On peut convoquer tous les mois les ministres concernés sur les questions du pillage du foncier et le bradage du domaine maritime. Tout cela peut être clarifié. La grande bataille, c’est à ce niveau. Bloquer le budget, c’est faire le jeu du pouvoir », argument-il.

Et de souligner : « L’opposition doit utiliser les prérogatives que la loi lui confère. En faisant tout pour que les jours dédiés aux questions orales soient respectés par l’Assemblée nationale. Normalement, il doit avoir une institution générale du budget en début de session qui indique un jour dans le mois où tout le gouvernement passe à l’Hémicycle pour les questions d’actualités et orales. Cela n’a jamais été fait ».

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