mardi, décembre 6, 2022
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Casamance : Et revoilà le chef de l’Atika Salif Sadio !

Le patron de la branche armée du MFDC (Mouvement des Forces Démocratiques de Casamance), Salif Sadio, n’a pas renoncé à ses convictions indépendantistes.  

Le loup est (encore) sorti du bois. Plus agressif. Salif Sadio, chef du Mouvement des Forces Démocratiques de Casamance (MFDC), s’est fait entendre sur les affrontements en Gambie qui ont fini avec la mort de quatre (4) militaires sénégalais ainsi que la détention de sept (7) autres en otage. Pour lui, il ne s’agit rien d’autre que d’une provocation. « Les gens que nous avons fait prisonnier, quand on leur a demandé l’objet de leur présence dans notre zone ils ont dit être là pour la stabilisation de la Gambie », révèle-il dans une déclaration à Eyeafrica tv.

Avant d’ajouter en élevant le ton : « Qu’est-ce qu’ils viennent faire dans nos zones de replis ? J’ai la preuve que c’est moi qu’ils sont venus attaquer. Je préviens que je ne l’accepterai plus (…) Les forces armées sénégalaises ne peuvent pas utiliser la Gambie comme base arrière, sous la bannière de la CEDEAO. Je mets en garde ce pays. Si ça ne s’arrête pas, je ne vais pas l’épargner ». Toutefois, il est dans les dispositions de libérer les soldats détenus et « qui sont bien portants ». Si les conditions posées sont acceptées par les autorités gambiennes ayant initié des négociations.

Une manière de montrer que la rébellion indépendantiste dans le Sud du Sénégal (enclenchée en 1982) est toujours vivante.  Malgré l’accalmie constatée depuis une dizaine d’années. Et qu’elle constitue une véritable force de frappe. Les menaces, proférées par le chef de l’Atika, viennent renforcer sa posture à la suite du massacre dans la forêt de Boffa-Bayotte (Ziguinchor) avec 14 personnes tuées en janvier 2018.  Selon Salif Sadio, une reprise des hostilités venant du côté de l’armée sénégalaise viserait à « remettre en cause la trêve, voire le processus de paix ».

Il y a un peu plus d’un an (novembre 2020), le rebelle affirmait dans une interview, accordée à une chaîne gambienne en l’occurrence Revolution tv, que « la lutte n’est pas terminée aujourd’hui et ne prendra pas fin demain. Nous irons jusqu’au bout. Le jour où les combats prendront fin, c’est le jour où le Sénégal quittera la terre de Casamance. Regardez mes barbes, je pense que j’ai plus de 60 ans, mais je ne me suis pas marié. J’ai juré que je ne me marierai pas tant que nous n’aurons pas racheté notre terre. Le gouvernement de la Gambie et le MFDC ne se sont jamais vus, rencontrés ou complimentés ».

Et de marteler : « Vous m’appelez rebelle, mais je suis un combattant de la liberté. Pendant la période de ma lutte, le gouvernement de la Gambie n’est jamais venu ici pour faire ceci ou cela, pour dire ceci ou cela (…) Mon conseil à la Gambie est de se méfier du Sénégal, qui a toujours dit que c’est elle qui attise les flammes de l’insurrection séparatiste. Le grand plan des dirigeants du Sénégal est donc de supprimer la Casamance de la carte, parce qu’ils estiment que c’est la seule façon dont ils peuvent maintenir la paix dans la région Sud du pays ».

La crise est ainsi loin de connaître son épilogue, 40 ans après. Elle pourrait agiter les dernières années du second mandat du Président Macky Sall et de résister à son régime. Tout comme pour ses prédécesseurs Abdoulaye Wade, Abdou Diouf et feu Léopold Senghor.

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