samedi, décembre 4, 2021
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Communication présidentielle : Pourquoi Macky Sall opte pour «l’adversité, la confrontation et les rapports de force » ( Avis d’Expert)

Le journaliste spécialiste de communication et marketing politique, Bacary Domingo Mané, en spin docteur, a mis sur le divan le « produit Macky Sall », en décryptant la communication présidentielle en long et en large sur le site mondeafrik.com dans un article intitulé « L’Oeil d’expert, le Grand entretien – Ce que Macky Sall ne réuissit pas». Diantbi.com en a choisi deux idées majeures que le journaliste communicant a développées à savoir le «Daltonisme de mauvais goût» et le «Positionnement agressif » du produit Macky Sall… A à la loupe.

Évoquant d’entrée le «média training» pour «contenir sa spontanéité et ses réactions naturelles», le talentueux journaliste Bacary Domingo Mané est vraiment allé au fond des choses en analysant mécaniquement et psychologiquement un Macky Sall qui tend à réussir «un contrôle complet (ICC) de sa spontanéité».

«L’image en contrôle partiel (ICP) »

«Le geste des mains jointes du président indique qu’il essaie de contrôler ses émotions, en projetant l’image d’un homme qui parle avec conviction. Mais, cela n’a pu cacher, par moment, l’impression d’inconfort qui se lit sur le visage du chef de l’État lorsqu’on lui a posé certaines questions qui fâchent. Il a parfois perdu le contrôle de soi. Ce qui prouve qu’il est difficile de maintenir une image construite dans son ascension, surtout lorsqu’il y a des problèmes de compatibilité entre celle-ci et la personnalité de l’homme politique en question[5]. », analyse le spécialiste de la communication politique.

Le «Positionnement agressif» de «Macky Sall» à la loupe

Pour ce qu’il appelle le « Positionnement agressif du produit Macky Sall », Bacary Domingo Mané argue ceci : «Concernant le cas que nous étudions, les quelques dysfonctionnements constatés, lors du face-à-face avec la presse, semblent découler du positionnement agressif du «produit» qui privilégie l’adversité, la confrontation et les rapports de force[6]. Cette communication “violente” du Président Sall se confond parfois à l’image austère de l’État, incarnée par le corps sacré. Même quand il décide de nous ressembler, en se mettant dans la peau de monsieur tout-le-monde, le président a du mal à se départir de son masque. Diantre, pourquoi S E M S nous prive de son beau sourire ? s’écrie une citoyenne qui trouve que “le chef de l’État a beaucoup progressé dans sa communication”. Pour sûr, ses glissements sémantiques maladroits l’exposent souvent aux critiques de citoyens ordinaires, destinataires de son message. Nous avons relevé quelques biais de communication qui ont brouillé son message, même si l’on reconnaît les progrès énormes réalisés par le “Prince” dans la maîtrise de ses émotions pour contenir l’énergie négative. »

Le «Daltonisme de mauvais goût»

Pour le «Daltonisme de mauvais goût», le spécialiste en communication politique a évoqué tout un faisceau d’erreurs de «glissements sémantiques maladroits » de Macky Sall.

«Répondant à une question relative aux Sénégalais de l’intérieur qui manifestent leur courroux contre le manque d’eau en arborant des brassards, le Président Sall a manqué d’inspiration en déclarant « qu’il ne voit pas la couleur rouge ». Ce daltonisme affiché est un pied de nez fait aux manifestants qui expriment, de manière pacifique, leur colère. Ce discours relâché (tenu généralement devant des militants) renvoie du coup l’image de manque de considération envers ces Sénégalais qui ne font que manifester un droit. Il a raté une occasion en or de reconquérir le cœur de ses compatriotes en montrant un peu de compassion et d’empathie. Il suffisait pour le Président Sall de lancer : «je vous ai compris… » pour tendre la main à ces Sénégalais dans le désarroi. Christian Le Bart nous conforte dans notre analyse : «Lorsqu’il prend la parole en public, l’homme politique donne à voir une «façade» conforme aux attentes de celui-ci, par exemple en laissant supposer que ce public lui est particulièrement cher »[7]. Le chef de l’État n’a pas su trouver le pôle magnétique pour unifier un public atomisé et éviter à tout prix d’envoyer des messages qui peuvent mettre en colère des populations[8]. Le discours doit s’adapter à l’horizon d’attente des cibles. Malheureusement, ce daltonisme de mauvais goût va davantage les braquer.»

diantbi.com vous propose de lire l’intégralité de l’oeil d’Expert de Bacary Domingo Mané sur le site mondafrik.com sur ce lien https://mondeafrik.com/2021/01/21/le-grand-entretien-ce-que-macky-ne-reussit-pas/?fbclid=IwAR308dcGyiu5VZlbnEuXffJNZSbN0t_rlykKODqiKyCMALeMcMKcAlcn9XQ

 [1] Hegel, Georg Wilhelm Friedrich, Principes de la philosophie du droit, publié en 1820 

[2] Cotteret, Jean-Marie, Gouvernants et gouvernés. La communication politique, Paris : Puf, 1973, p.5 (L’auteur assimile la communication politique à un échange d’informations entre gouvernants et gouvernés, par des canaux de transmission structurés ou informels).

[3] JMC, Ibid., P.38

[4] Giasson, Thierry, Les politiciens maîtrisent-ils leur image ?

Analyse des représentations visuelles souhaitées et projetées par les leaders politiques canadiens dans le débat télévisé électoral 2000.

[5] Maarek, J.Philippe, Communication et marketing de l’homme politique, coll : Carré Droit, 2014.

[6] Mané, Bacary Domingo, “Stratégie du clash permanent : Macky Sall joue à se faire peur”, in L’oeil de l’expert, mondeafrik.com, mars 2020.

[7] Le Bart, Christian, Le discours politique, Coll : Que-sais-je, ed 1998, p.44.*

[8] Miller, Arthur, Ces comédiens qui nous gouvernent, ed Saint-Simon, 2002.

[9] Shwartzenberg, Roger-Gérard, L’Etat spectacle, essai sur et contre le star système en politique, ed. Flammarion, 1977

[10]  Gourévitch, Jean-Paul, L’image en politique – de luther à internet et de l’affiche au clip, Paris, Hachette Littératures, 1998

[11] Séguéla, Jacques et Saussez, Thierry, La prise de l’Elysée : Les campagnes présidentielles de la Vè République, ed Plon, 2007, P.15

[12] Gerstlé, Jacques, La communication politique, Paris : Puf, 1993. (Il parle des trois dimensions de la communication politique : pragmatique, symbolique et structurelle)

[13] Arendt, Hannah, La condition de l’homme moderne, ed Poche, août 2002.

[14] Terray, Emmanuel, « Egalité des anciens, égalité des modernes », Les Grecs, les Romains et nous, l’Antiquité est-elle moderne ? textes réunis par Roger-Pol Droit, Le Monde Editions, Paris, 1991, P. 148

[15] Oswald Ducrot, Le dire et le dit, Paris, Éditions Minuit, 1985, p. 204

[16] Breton, Philippe, La parole manipulée, ed La découverte poche, Paris, 2000, P.20 : « La manipulation consiste à entrer par effraction dans l’esprit de quelqu’un pour y déposer une opinion ou provoquer un comportement sans que ce quelqu’un sache qu’il y a eu effraction (…) La manipulation doit toute son efficacité à sa dissimulation »

3 Commentaires

  1. Il n’y a que leurs personnes qui les intéressent les populations trinquent et eux se font une toilette de leur ego

  2. Communiquer que quand ça lui chante n’est pas communiquer , il sait savoir adapter sa communication par rapport aux faits et évènements surtout quand on un dirigeant .
    Ce silence bruissant devant la catastrophe sanitaire est un signe de faillite de toute la gestion de la pandémie . Les médecins sont laissés à eux mêmes et meurent en grand nombre , les malades n’en parlons pas .Quiconque parlé et dénoncé les faits passent pour l’ennemi

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