mercredi, décembre 7, 2022
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Élections territoriales : « La gouvernance locale est la grande perdante »

Des acteurs politiques restent convaincus que les Sénégalais ont voté pour des listes, et non pour des maires lors des dernières élections territoriales.

Le suffrage universel direct. C’est la grande réforme du scrutin de dimanche dernier. Mais de l’avis de certains acteurs, cela risque de ne pas produire l’effet escompté. Par conséquent, « le grand perdant de ces élections, ce sera la gouvernance locale. Parce que les populations n’ont pas élu des maires. Elles ont exprimé leur colère, mais sans même regarder ceux qui sont dans les listes. Elles ont voté pour les coalitions », croit le leader du Parti Union Citoyen Bunt bi, Théodore Chérif Monteil.  

Avant de souligner : « Il est temps que les Sénégalais sachent comment choisir leurs décideurs, quelle exigence ils ont sur la personne qui doit s’occuper de leur économie, leur destinée. Il est bon qu’on définisse qui doit être candidat. Est-ce qu’on peut lui faire confiance ? Est-ce qu’il va faire de la gouvernance participative et inclusive ? La mairie, ce n’est pas l’Assemblée Nationale ni l’Exécutif. La possibilité de voir des conseils municipaux de villes être bloqués est toujours là ».

Le parlementaire de réitérer : « Au sortir du dialogue politique, les gens ont cru avoir fait une avancée avec le suffrage universel direct. Ça ne l’est pas en réalité, c’est une élection de liste. La seule différence est que la personne qui se trouve en tête est automatiquement maire. Le problème que cela peut apporter : quelqu’un peut diriger une mairie sans avoir la majorité de la commune ». Ou qu’on se retrouve avec des élus qui sont inconnus des administrés. Comme c’est le cas dans plusieurs localités.

La présidente de la Convergence Deggu Jëf, Nafissatou Wade, regrette : « Notre combat était qu’on ne confisque pas le vote des citoyens, qui doivent se rendre compte d’avoir donné leur voix à la tête de liste. Là, on n’a pas cette impression. Les gens semblent avoir élu la coalition qui est en opposition avec le pouvoir ». D’où la nécessité parfaire le mode électoral. Il s’agit, selon Théodore Chérif Monteil, d’avoir un suffrage direct à deux tours. « Une personne pourra venir et dire qu’elle veut prendre la commune. Et les populations sauront exactement qui sollicite leurs votes ».

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