dimanche, décembre 5, 2021
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Gouvernement : Le Premier ministre manque au Président Macky Sall

Le Sénégal va renouer avec le poste de Premier ministre, supprimé après l’élection présidentielle de 2019. Le chef de l’État Macky Sall fait machine arrière.

Le poste de chef du gouvernement va être rétabli. C’est l’information majeure issue du Conseil des ministres de ce mercredi. « Le Président de la République a, par ailleurs, informé le Conseil, de sa volonté d’initier une révision de la Constitution en vue de l’instauration du poste de Premier ministre », indique le communiqué. Avant d’expliquer que « cette restauration, qui vient ainsi adapter l’organisation du pouvoir exécutif à un nouvel environnement économique et socio-politique, s’accompagne d’une nécessaire requalification des rapports entre l’exécutif et le législatif ».

Ce qui entraîne « la réintroduction de la responsabilité du gouvernement devant l’Assemblée nationale et le pouvoir de dissolution de celle-ci dévolu au Président de la République ». Une marche arrière spectaculaire qui cache, sans doute, un autre coup politique du régime en place. En effet, l’heure n’est plus « à la simplification, la rationalisation des procédures de prise de décision, donc une efficacité et une diligence procédurière renforcées dans la bureaucratie de l’exécutif ». Le motif qui était avancé, il y a deux ans et 6 mois (14 mai 2019), pour justifier la suppression du poste par voie parlementaire.

Une réforme (surprise), décidée par le Président Macky Sall au lendemain de sa réélection pour un second mandat, que les députés avaient adoptée à une large majorité. Avant d’être promulguée et de mettre un terme au fonction de Mahammed Boun Abdallah Dionne (2014-2019), qui devenait le 3e PM remercié après Aminata Mimi Touré (2013-2014) et Abdoul Mbaye (2012-2013). Malgré l’appréciation défavorable émise par l’opposition politique, la société civile ainsi que les observateurs. Surtout qu’il s’agissait d’enlever la dénomination « Premier ministre » de la Constitution sénégalaise.  

Le professeur en droit public Ndiogou Sarr disait dans un entretien avec RFI : « La Constitution elle-même reconnaît au Premier ministre des prérogatives. Donc, si on doit supprimer ce poste, il est évident que l’on doit toucher fondamentalement à la Constitution. Pas uniquement l’aspect qui concerne le poste, mais tous les pouvoirs ou toutes les compétences prévues et qui lui étaient dévolus (…) Le régime politique est dans une zone grise entre le régime présidentiel et le régime parlementaire. La balance va maintenant pencher en grande partie du côté du Président ».

Source Youtube : https://www.youtube.com/watch?v=zKvQSGZXSQI

Avant de faire remarquer que le chef de l’État « est déjà submergé avec une centralisation trop forte. Ça va amener une inefficacité au plan administratif, ce qui va éloigner davantage les administrations. Par conséquent, la disparition du poste de Premier ministre manque de pertinence. Maintenant, le président, ce sont ses prérogatives. Il décide de le faire, attendons de voir ce qu’il va nous proposer ». En réalité, la réforme n’a pas produit l’effet espéré sur tous les plans (politique, administratif, économique, social). Et en annonçant le rétablissement du poste, on a envie de se dire « tout ça pour ça ».

C’est ainsi la Constitution du pays qui va encore souffrir des caprices des « grands maîtres » du jeu politique. Au détriment du peuple désabusé. Dans l’histoire du Sénégal, Macky Sall n’est pas le premier à avoir tenté cette expérience inféconde. Ces prédécesseurs Léopold Senghor et Abdou Diouf l’avaient aussi faite, respectivement, dans les années 60 et 70 avec le régime socialiste.

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