dimanche, janvier 16, 2022
spot_img
AccueilPolitiqueHomosexualité : Un sujet « tabou » pour la mouvance présidentielle

Homosexualité : Un sujet « tabou » pour la mouvance présidentielle

Le Bureau de l’Assemblée nationale refuse le débat autour de la criminalisation de l’homosexualité, souhaité par des députés, des membres de la société civile et une bonne partie des Sénégalais.

Un groupe de 13 députés, appuyés par le collectif « and sam jikko yi » qui regroupe plusieurs dizaines d’associations, avait déposé le mercredi 22 décembre dernier une proposition de loi sur la criminalisation de l’homosexualité (passer de 5 à 10 ans de prison). Jusque-là, elle est considérée comme un délit au Sénégal. Un acte fort qui faisait suite à la mobilisation nationale populaire, il y a 8 mois. L’expression d’un « rejet total et normal des comportements contre-nature par les 99% de croyants (95% musulmans et 4% catholiques) », selon Mame Mactar Gueye de l’ONG islamique Jamra.

Une requête qui semble relever de l’utopie, du vœu pieux. C’est un sujet « tabou » pour la mouvance politique au pouvoir. La question des lobbies LGBT est gênante. Même si le chef de l’État a déjà eu à dire son opposition à la dépénalisation et la légalisation de ce fléau des temps modernes face aux autorités des puissances étrangères. D’ailleurs, les députés de la majorité s’arc-boutent sur cette posture pour déchirer la demande des parlementaires favorables à la criminalisation de l’homosexualité. « Cette position est claire, elle est pertinente et elle engage tout le peuple sénégalais », indique le communiqué de l’Assemblée nationale.  

Après une rencontre ce mercredi « pour examiner la proposition de Loi déposée par des députés, avec à leur tête, Mamadou Lamine Diallo. Les membres du Bureau, chacun en ce qui le concerne, ont donné leur avis motivé sur l’opportunité d’un nouveau texte de nature législative, tendant à modifier ou à élargir les dispositions qui existent déjà dans la loi n°65-60 du 21 juillet 1965 (Loi qui a été modifiée par la Loi n°66-16 du 1er février 1966 modifié). Pour toutes ces raisons, le Bureau conformément aux prérogatives qui lui sont dévolues a décidé de la déclarer irrecevable ».

Sans surprise. En effet le président du Groupe parlementaire « Benno Bokk Yakaar », Aymirou Gningue, avait annoncé la couleur. « Il s’agit d’une initiative née de groupes de pression existants qui se sont ligués à des députés. C’est une première entorse à la démarche. Il est bon que l’initiative de la loi provienne d’un député ou du gouvernement (…) A partir du moment où ce sont des organisations qui n’appartiennent pas au Parlement et qui viennent le dire, nous devons faire attention. Il faut se méfier des mauvais défauts, s’éviter que certains s’autoproclament comme étant les censeurs », martelait-il.

Face à la résistance des gouvernants, le mouvement « And sam jikko yi » n’est pas au bout de ses peines. Malgré le soutien des populations et des guides religieux. Il va falloir être endurant dans ce combat indécis contre l’homosexualité. Afin de parvenir à changer l’article 319 du Code Pénal qui en son alinéa 3 indique : « Sera puni d’un emprisonnement d’un à cinq ans et d’une amende de 100.000 à 1.500.000 francs CFA, quiconque aura commis un acte impudique ou contre-nature avec un individu de son sexe ». Une disposition (supposée vague) qui ne satisfait pas Jamra et compagnie.

Les commentaires à caractère injurieux, offensifs, ou contenant des propos diffamatoires ne sont pas publiés.

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

a lire

spot_img