samedi, décembre 4, 2021
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Macky Sall, la suppression du Sénat en 2012 face aux inondations et le retour de bâton en 2021 : le HCCT et le CESE au même banc d’accusés

Prenant la mesure forte de supprimer le Sénat en 2012, pour faire face aux inondations, le président Macky Sall est rattrapé par la même symbolique de devoir justifier des institutions budgétivores comme le HCCT et le CESE au moment de déclencher encore le plan ORSEC.

Ousseynou Diallo

Comme solutions face aux inondations frappant Dakar et sa banlieue, le pouvoir vient de lancer un énième plan Orsec (Plan national d’organisation des secours). Une stratégie de secours au rabais vouée à nettoyer la plaie sans pour autant guérir l’infection. Et même si Oumar Gueye, le ministre de la Gouvernance territoriale, du Développement et de l’Aménagement du territoire, fait dans la politique de l’autruche (« ce n’est pas quelque chose qui est propre au Sénégal », a-t-il déclaré), pour essayer de noyer le poisson dans les eaux stagnantes et boueuses de la grande banlieue dakaroise, le mal est là, lancinant et gisant. Le porte-parole du gouvernement le sait : les milliards engloutis par le plan décennal de lutte contre les inondations (2012-2022), et qui devait prendre en charge beaucoup de questions liées aux inondations, sont le symbole de l’échec patent de la politique territoriale de ce régime.

On est en août 2012. Le président Macky Sall, fraichement élu, épuise tout juste 5 mois au pouvoir. Frappé par de très fortes pluies, Dakar est sous les eaux. Une épine dans les pieds du tout nouveau président qui ne jouit pas de l’état de grâce ayant escorté les premiers pas de son prédecesseur. Pour lutter efficacement contre les inondations, Macky Sall annonce la suppression du Sénat et d’économiser son budget de près de 8 milliards FCFA qui sera alloué à la lutte contre ces inondations « pour porter assistance aux sinistrés et réfectionner les infrastructures endommagées ». Un coup autant politique que social. Neuf ans plus tard, le constat est amer : ces 8 milliards, au même titre que la centaine d’autres milliards, se sont noyés en eaux troubles.

La colère d’Ousmane Tanor Dieng

Majoritaire au sein du Sénat en 2012, le PDS vote contre le projet de suppression de cette Chambre haute. « 8 milliards de F Cfa, c’est une goutte d’eau», expliquent les parlementaires libéraux. Sans réussite à plus long terme puisque pour réussir son coup, le président Macky Sall convoque le Congrès (Assemblée nationale et Sénat) qui adopte la suppression du Sénat avec effet immédiat. La majorité mécanique Benno Bokk Yakaar aura eu le dernier mot. « Vu l’état des finances du Sénégal, 8 milliards par an, c’est déjà beaucoup », rétorque le gouvernement. Une « victoire » que savoure le régime de Macky Sall. Non sans se soucier qu’il vient de faire une « victime » en la personne d’Ousmane Tanor Dieng. Ce dernier, principal souteneur avec le parti socialiste de Macky Sall à l’élection présidentielle de 2012, avait négocié avec le chef de l’État pour atterrir au perchoir du Sénat alors que son principal rival, Moustapha Niass, venait d’hériter de la présidence de l’Assemblée nationale. Une douche froide pour le défunt Secretaire national du PS qui ruminera longtemps cette colère contre le leader de Benoo Bokk Yakaar.

Ce qui était d’actualité hier ne l’est-il pas aujourd’hui ? Décrié pour entretenir des institutions budgétivores, comme le Haut conseil des collectivités territoriales (Hcct) et le Conseil économique social et environnemental (Cese), le président Sall pourrait d’un coup de décret magique supprimer ces deux chambres aux budgets jumelés de presque 17 milliards FCFA. L’argument de l’économie sur les finances ne tenant plus, ce serait juste une façon comme une autre de ramener un semblant de sobriété dans cette gabègie. Et d’envoyer un message fort à l’endroit des populations sinistrés. En attente de solutions définitives et pérennes.

2 Commentaires

  1. Les inondations au Sénégal c'est souvent un oiseau de mauvaise augure pour le gouvernement. De l'eau boueuse mais purificatrice. Elles nous signalent le plus souvent les limites voir le déclin du régime en place. Les " digues" que Diouf et Wade n'ont pas réussies à ériger, Macky les réussira- il ?
    Un présage pour les Mystiques.

  2. Les inondations s sont seulement le gouttelette de trop pour le ton de ce régime budgétivore avec à la pelle des scandales en a plus finir

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