lundi, décembre 5, 2022
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Suppression HCCT : Retour de Boomerang pour Macky Sall

En 2012, face à la dénonciation populaire de l’inaction du gouvernement sur les inondations après 13 morts enregistrés, le président Macky Sall avait enclenché la suppression du Sénat et de ses 100 membres pour diligenter une réaffectation intelligente de ses fonds à la prévention et la gestion des inondations. En 2022, alors que Dakar est encore en proie à de graves inondations avec mort d’hommes, on se demande pourquoi bon maintenir une institution comme le Haut Conseil des Collectivités Territoriales (HCCT) qui va vers des élections boycottées par l’opposition ce 4 septembre 2022, après des Législatives étriquées. Entre incongruité politique, incohérence politique ou tout simplement populisme politique. Allez savoir. Les mêmes causes ne produisent pas toujours les mêmes effets.

A y voir clair, c’est assurément constater une grande escroquerie, voire un populisme politique béant que de se rappeler la suppression du Sénat en 2002 par le régime de Macky Sall…suivi de la création en 2016 et le maintien d’une institution budgétivore comme le HCCT en 2022. Pourtant, les inondations ont presque placé Dakar dans un « déluge » sans précédent.

Entre incohérence et populisme politique, on se perd finalement dans le « darwinisme » politique des politiciens . Force est de constater que le régime du président Macky Sall est ainsi rattrapé par l’histoire des inondations, alors que c’est l’actuel porte parole du gouvernement Oumar Guèye qui faisait le marketing du Programme décennal de Gestion des Inondations en 2012. Rien n’a changé sous nos tropiques. Il fait chaud et il pleut…et les politiques se nourissent de populisme cynique.

En tout cas, Abdoul Mbaye reste étonné face à la décision initiale de supprimer le Sénat en 2012 et celle actuelle de maintenir le HCCT en 2022. « Citoyens, exigeons d’être mieux gouvernés! En 2012 Macky SALL a supprimé le Sénat sous prétexte des inondations. En 2022, les mêmes inondations et le déficit budgétaire qu’il a fait entre-temps exploser doivent motiver la suppression du HCCT inutile et improductif créé en 2016. », a déclaré le président de l’Alliance pour la Citoyenneté et le Travail (ACT) sur sa page facebook visitée par diantbi.com.

Avant d’ajouter péremptoire que « nul ne l’ignore. Le HCCT est un refuge d’emplois fictifs pour de la clientèle politique de Macky Sall. Le pire est qu’ils ne font même pas semblant de travailler. Même pas de rapports bidon à se mettre « sous le coude »! Aucune contribution à l’amélioration du fonctionnement de l’Etat et de l’état de la Nation ! » 

Membre du Parti socialiste sénégalais, Aminata Mbengue Ndiaye a été nommée à la tête du Haut conseil des collectivités territoriales (HCCT) en remplacement du défunt président de l’institution, Ousmane Tanor Dieng rappelé à DIEU le 15 juillet dernier à Bordeaux (France).

« HCCT, l’une des plus grandes incohérences du régime de Macky Sall »

Même son de cloche chez l’enseignant chercheur en droit, Mouhamadou Ngouda Mboup. « Pour supprimer le HCCT, il faudra la majorité des 3/5 des suffrages exprimés (article 103 de la Constitution). Le HCCT est une « anomalie démocratique ». Supprimer le Sénat et créer le HCCT a été l’une des plus grandes incohérences du régime en place.  PS : le Sénat représentait les Collectivités territoriales, le HCCT représente les Collectivités territoriales. Quelle incohérence ! Des institutions juste pour caser du personnel politique. », a martelé l’expert en droit sur sa page facebook visitée par diantbi.com. 

Pour rappel, sur proposition du président Macky Sall, les députés Sénégalais avaient acté la suppression du Sénat en 2012, afin d’utiliser avec efficience le budget 7 milliards FCFA de la défunte institution dans un fonds destiné à aider les victimes d’éventuels sinistres liés aux inondations.

C’était le 19 septembre 2012, et les parlementaires sénégalais en Congrès, avaient fait passer la loi portant suppression du Sénat et de la vice-présidence par 176 voix sur 250 élus.

La disparition de cette haute chambre devait alors permettre au frais successeur de Me Abdoulaye Wade de disposer d’une enveloppe d’environ 7 milliards pour soulager les populations.

A l’époque, si le bouillant Moustapha Cissé Lô, député de l’Alliance pour la République ((APR) estimait que « la valeur du Sénat est nulle », de son côté, Oumar Sarr, actuel maire de Dagana, membre de Benno Bok Yaakar, alors coordinateur du PDS avait fustigé cette suppression du Sénat. Au micro de RFI, le Daganois avait dénoncé une « violation de la séparation des pouvoirs. Nous ne pouvons pas être partie prenante de cette forfaiture organisée par Macky Sall et son régime. », avait-il pesté.

En 2012, face à la dénonciation populaire de l’inaction du gouvernement sur les inondations après 13 morts enregistrées, le président Macky Sall avait enclenché la suppression du Sénat et de ses 100 membres pour une réaffectation intelligente de ses fonds à la prévention et la gestion des inondations.

Aujourd’hui, dix ans après, la question du maintien du HCCT se pose avec acuité. Toutefois, le président Macky Sall qui a besoin de ses alliés pour passer tout en sécurité l’écueil de 2024, soit par l’intermédiaire d’un dauphin, soit par un forcing de troisième mandat, ne va certainement envisager la disparition du HCCT par coup de baguette magique.

Sur le plan strictement institutionnel, selon la Présidence de la République du Sénégal, le Haut Conseil des Collectivités Territoriales (HCCT), institué par le Président de la République, « vise à apporter une touche nouvelle à l’acte III de la décentralisation ».

Le HCCT peut compter 150 Hauts Conseillers désignés pour un mandat de cinq ans. 80 conseillers sont élus au suffrage universel indirect. Alors que 70 sont nommés par le chef de l’Etat « parmi les membres de la société civile, les organisations socio-professionnelles et diverses catégories de la société ».

Enfin, toujours selon la Présidence de la République du Sénégal, le HCCT a pour mission de renforcer la participation active des acteurs territoriaux à la définition, l’instauration et l’évaluation des politiques publiques territoriales. Pourtant aujourd’hui encore, on se demande à quoi sert ce « machin » de HCCT. Toutefois, une chose est sûre: le Boomerang lancé avec vigueur par Macky Sall en 2012 est retourné à son envoyeur en 2022. Comme quoi…

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