samedi, décembre 4, 2021
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Amadou Canar Diop : « Le plan national ORSEC est caduc »

Expert en sécurité civile et de gestion des catastrophes, Amadou Canar Diop ne croit pas à l’efficacité du plan ORSEC dans la lutte contre les inondations au Sénégal.

Après l’annonce de la mise en œuvre du plan national d’Organisation des Secours (ORSEC), le ministre de l’intérieur Antoine Diome a procédé ce matin à son lancement officiel pour la prise en charge des inondations. Une stratégie de lutte qui « n’est plus d’actualité, elle est caduque et cela, depuis 10 ans » indique le Commandant Amadou Canar Diop, ancien directeur adjoint de la protection civile, sur les ondes de RFM.

A l’en croire, le Sénégal ne dispose pas d’un plan ORSEC à jour tant sur les plans départemental, régional comme national. « Quand on voulait le déclencher dans les formes réglementaires, ça ne pouvait pas se faire. Il faut que les fonctionnaires arrêtent de tromper l’autorité (étatique). Ce qu’ils font là ne règle pas le problème. C’est de la blague et ils le savent bien » estime-t-il.

Poursuivant, il souligne : « Dans la manœuvre, le plan ORSEC (adopté en 1993 et déclenché pour la 8e fois depuis 2002) est beaucoup plus administratif qu’opérationnel. Il ne sert juste qu’à regrouper des moyens (humains et matériels disponibles), mais qui va faire quoi, où, quand, comment, pourquoi et avec quoi, on ne le dit pas. Ils ne font pas ce qui devait être fait ».

Afin d’assurer une gestion intégrée et efficace des inondations, l’ancien officier supérieur des sapeurs-pompiers préconise une solution à deux niveaux. « Après les difficultés des années passées, on devait mettre en place le plan de contingence. C’est un plan participatif qui donne des instructions à tous les acteurs. C’est-à-dire on les réunit six mois avant, on partage et on planifie ».

Avant d’ajouter : « S’il y a par exemple une pluviométrie de 75 ou 80 mm prévisible par l’ANACIM, avec l’implication des communautés, on pourra dire tant de quartiers vont être inondés, combien de rues, d’avenues et de maisons seront concernées, déterminer le nombre de personnes qui y habitent. Il faudra ensuite une évacuation de l’eau, un déplacement des gens et les prendre en charge (nourriture) ».

L’évaluation de tout cela permettra de dégager un budget validé par l’autorité et mis en place, avant même la tombée des premières pluies. « Ce qui fait que quand il y a inondation quelque part, on sait déjà ce qu’il faut faire » soutient Amadou Canar Diop.

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