jeudi, décembre 1, 2022
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Drame sanitaire : Les services de néonatologie devenus des mouroirs

Au Sénégal, les incendies tragiques sont devenus monnaie courante dans les services de néonatologie. La conséquence d’une négligence à tous les niveaux du système de santé.  

Silence ! Les maternités des hôpitaux du Sénégal tuent. Après Linguère, Louga, Kaolack, l’hôpital Abdoul Aziz Sy « Dabakh » de Tivaouane vient de prendre le relais et même de battre le record avec 11 bébés, qui ont péri dans un incendie. Le pays est encore plongé dans le deuil par la faute d’un système sanitaire défaillant. Cette situation a ainsi fini de créer une psychose dans la population féminine. Car laisser un nouveau-né prématuré ou malade à la couveuse, c’est à coup sûr le livrer pour une mort programmée. De la manière la plus horrible. Sous les flammes.

Encore une négligence du personnel soignant ? « A ce stade de l’enquête où il n’y a que des constations matérielles, qui sont en cours d’être relevées par les éléments de la police scientifique et technique de la DIC, il est trop prématuré de se prononcer sur les causes réelles de cet incendie. Il faut attendre… », précise le procureur général de la région de Thiès Abdoulaye Ba. Avant d’informer que la justice s’est autosaisie et « qu’elle sera implacable avec toute quiconque dont la responsabilité se trouverait être engagée ». D’ailleurs, six personnes sont déjà entendues par le commissaire.

Sauf que le ministre de la santé Abdoulaye Diouf Sarr, démis de ses fonctions par le Président de la République hier soir, confiait à la presse lors de son passage à l’hôpital de Tivaouane : « Nous attendons le rapport d’expertise technique de la SENELEC (société nationale d’électricité) qui va nous édifier sur l’origine du feu ». Une manière d’asseoir la thèse de l’accident. De la fatalité. Cela est même corroboré par le corps médical qui soutient que « le matériel du service de néonatologie était flambant neuf. Tout comme le personnel était sur place et s’était démené comme un beau diable pour sauver les bébés ».

Pourtant, ces affirmations ne concordent pas avec les témoignages des premiers secouristes, entendus dans une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux. L’un d’eux (accompagnant d’un malade) raconte : « C’est une sage-femme qui venu alerter de l’incendie au niveau du bâtiment de pédiatrie. Nous sommes à l’étage où il y avait de la fumée en abondance, mais nous ne savions pas de quelle pièce cela venait. D’autant plus que nous ne sommes pas habitués des lieux. La pièce où se trouvaient les enfants était verrouillée. Il a fallu défoncer la porte pour accéder dans la salle enfumée et qui dégageait une chaleur torride ».

Avant d’ajouter : « Quand nous sommes arrivés à l’étage où il y avait l’incendie, nous n’avons trouvé aucun membre du personnel de l’hôpital. S’il y avait une assistance permanente, les dégâts auraient pu être limités. En plus, nous avons utilisé sept extincteurs qui étaient sur place, mais seuls deux fonctionnaient ». Cela indique clairement qu’on ne peut pas occulter la responsabilité humaine parmi les causes de cette tragédie. Comme dans les cas précédemment connus à Linguère, Louga ou Kaolack. Les 11 bébés calcinés de Tivaouane sont des morts de trop. Et il est temps de mettre fin à ces dérives médicales.

Des mesures fortes étaient attendues au plus haut niveau de l’État.  En limogeant le ministre de la santé et exigeant un audit des installations, des équipements du service de néonatologie de l’hôpital Abdoul Aziz Sy. Ainsi que de toutes les structures du même genre dans l’ensemble du territoire national.  

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