samedi, décembre 4, 2021
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ONUSIDA : Un Sommet régional à Dakar pour relancer la lutte

Un sommet régional de haut niveau se tient dans la capitale sénégalaise pendant trois jours (31 octobre au 2 novembre 2021). Pour échanger autour de la problématique, des enjeux de la lutte contre le Sida et de toutes les pandémies.

Relancer la lutte contre le Sida (Syndrome d’Immuno-Déficience Acquise). C’est l’objet de cette rencontre internationale à Dakar, initiée par l’ONUSIDA et Enda santé, qui va réunir à partir de ce dimanche, et jusqu’à mardi prochain, les experts, les scientifiques, les acteurs de la société civile et les politiques pour se pencher sur une question importante : Les lacunes de la riposte dans les régions occidentale et centrale de l’Afrique. Un sommet sur le VIH (Virus de l’Immunodéficience Humaine) placé sous le haut parrainage du Président de la République du Sénégal, Macky Sall.

Selon Daouda Diouf directeur Enda santé, par ailleurs président du comité d’organisation, « il y a une nécessité parce que nous avons été, pendant deux ans, perturbés par la Covid-19 qui est une urgence sanitaire comme le VIH l’a été pendant plus de 30 ans. Comme tous les autres secteurs, la lutte contre le Sida a subi un impact en terme de services, de personnes qui devaient être pris en charge, de dépistage et de prévention. Nous avons l’intention de reprendre tout cela et de faire une grosse mobilisation. Nous avons l’honneur d’accueillir des sommités mondiales de la santé, plus particulièrement du Sida ».

Il y aura pendant trois jours des échanges autour de la problématique et des enjeux de la lutte contre cette maladie transmissible et de toutes les pandémies. Ce sommet de haut niveau va permettre « de croiser nos regards et nos analyses afin de voir quel système il faut pour la santé dans l’optique de pouvoir travailler de manière efficace » souligne Mr Diouf sur « Infos Soir ». Ce sera aussi l’occasion de rendre un hommage aux experts qui travaillaient sur le sida et, quand la Covid-19 est apparue, ont été les premiers à se mobiliser. On peut citer les professeurs Moussa Seydi, Souleymane Mboup, Marie Colle Seck, El Hadji Sy…

Concernant la prise en charge du Sida dans la région Ouest africaine, il est constaté un énorme retard au niveau du dépistage VIH, de l’accès au traitement et de l’élimination de la charge virale (avec une prise normalement des médicaments le virus devient très faible dans le sang au point que la personne atteinte ne peut plus transmettre la maladie). En effet, indique Daouda Diouf, « il y avait trois objectifs : faire en sorte que 90% des sujets contaminées le sachent, 90% puissent être traités et 90% aient un traitement efficace avec une charge virale indétectable ».

Ces ambitions n’ont pas été atteintes. Ainsi que sur la mise en place d’infrastructures et sur le nombre du personnel de santé mobilisés. Toutefois, « cela cache une réalité qui est tout autre. C’est-à-dire l’Afrique de l’Ouest a la particularité d’être la région, qui a connu pendant une dizaine d’années l’instabilité politique, le « djihadisme », le problème au sahel, les coups d’Etat… Il y a eu plusieurs perturbations qui ont eu un impact sur la santé, les investissements et les capacités des pays à faire face », fait remarquer le président du comité d’organisation du Sommet de Dakar.

Avant de rappeler que le tableau n’est pas totalement sombre. Des acquis ont été obtenus dans la lutte. « Avec l’exemple du Sénégal où la prévalence dans la population générale est de 0,5 %. Nous rivalisons avec des pays européens. D’autres nations de la sous-région ont aussi fait des efforts extraordinaires. A l’image de la Cote d’Ivoire et de la Guinée-Bissau. Il reste des défis à relever au niveau certains groupes les plus touchés, avec un facteur favorisant qui est la question de la mobilité transfrontalière. Cinq millions de personnes traversent les frontières par jour. Tout comme l’absence de programme de santé dans des zones au Mali, au Burkina Faso et au Niger ».

Et Mr Diouf indique : « C’est de cela que nous allons parler et si les bailleurs de fonds (présents en grand nombre à Dakar dont le Luxembourg qui est à l’origine de l’organisation de ce sommet) investissent un peu plus en Afrique de l’ouest, nous sommes capables de réaliser des performances extraordinaires. Parce que l’expertise est là et nous avons appris des situations vécues pour être plus efficaces ». Le ministère de la santé s’est impliqué pour la réussite du sommet ainsi que le CNLS (Conseil National de Lutte contre le Sida) dirigé par l’éminente Dr Safiatou Thiam, qui aura l’occasion lors d’une session spéciale de présenter l’exemple du Sénégal.

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