jeudi, décembre 2, 2021
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Pénurie de farine, crise de pain au Sénégal

Le réveil risque d’être compliqué pour les Sénégalais, grands consommateurs de pain, au cours des trois prochains jours. Les boulangers vont observer une grève à la suite de la pénurie de farine.

La population sera privée de pain pendant trois jours (mardi, mercredi et jeudi). L’annonce est faite par la Fédération Nationale des Boulangers du Sénégal (FNBS) et le Regroupement des Boulangers du Sénégal (RBS), qui étaient face à la presse ce matin. « Les conditions actuelles ne permettent plus de répondre à la demande nationale (8 millions de baguettes / jour) », souligne le porte-parole du jour Ndéné Ndiaye. Par conséquent, « il est décidé un arrêt collectif de la production sur l’ensemble du pays ».

Cela, en exigeant que « l’État procède à la révision de la structure du prix du pain qui devrait être à 1 franc CFA le gramme, à l’application de la réglementation sur la production et la distribution, qui posent des exigences non-négligeables en matière de livraison et de vente dans les boutiques ». Tout comme « Le règlement urgent et sans délais des revendications des meuniers sur le prix de la farine désormais exposé à une spéculation dangereuse pour l’ensemble des acteurs de la filière.

Le bras de fer avec l’autorité est enclenché. En effet, les boulangers guettaient la moindre occasion pour mettre en branle leur plan d’action, après l’échec des négociations en septembre dernier. La pénurie de farine, avec la baisse de la production décrétée par l’Association des Meuniers Industriels du Sénégal (AMIS), il y a six jours, est à l’origine de cette radicalisation des boulangers. Parce que subissant les dommages collatéraux de la colère noire du « G7 » (GMD, NMA, FKS, OLAM, SEDIMA, MDS, BASMALA).

Ces entreprises contestent le décret du 14 janvier 2021 imposant le prix de vente du sac de farine à 16 600 francs CFA. Là où, ils l’estiment à un peu plus de 19 000 francs CFA. La mise en exécution de la menace de réduire leur production (soit 3500 tonnes par jour) n’a malheureusement pas été suivie d’effets. « Après ce premier acte, on attendait un signal fort du Président de la République et de son gouvernement en Conseil des ministres, mais nous avons été déçus parce que le sujet n’a même pas été évoqué », se désolait le bureau de l’AMIS.

Une indifférence qui est pour exacerber le président Claude Demba Diop et compagnie, qui sont dans une dynamique de ne plus produire. « A ce jour, les alertes, les propositions et notre disposition à trouver une solution adaptée sont restées sans réponse. De sorte que le prix homologué du sac de farine de 50 kg ne permet pas une reprise d’activité et de commercialisation. C’est avec un profond regret que nous annonçons le maintien de l’arrêt jusqu’à nouvel ordre de la production nationale de farine », indiquent-ils dans un document rendu public la semaine passée.

L’occasion pour les boulangers de s’engouffrer dans la brèche et d’accentuer la crise autour de la fabrication du pain. Surtout que les deux structures ne comptent pas lâcher du lest. « Ce que nous redoutions semble à présent inéluctable (…) Le chômage technique sera annoncé dans les prochains jours. Dans tous les pays du monde, les gouvernants ont réagi et dans notre pays il est urgent de sauver 1350 emplois directs et 15 000 indirects, de viabiliser notre modèle industriel et social, de préserver notre autonomie en farine depuis plus de 60 ans », soulignent les meuniers.

Il s’agit là d’une question de survie. « Nous demeurons convaincus que seule une industrie forte et dynamique peut apporter du développement, de l’emploi, du pouvoir d’achat et des recettes fiscales nécessaires au devenir du Sénégal. La destinée et l’avenir de la filière sont à présent entre les mains de nos autorités (…) L’arrêt de nos installations se poursuivra jusqu’à ce qu’une réponse claire nous soit apportée. Nos dirigeants jouent avec le feu, nous allons vers un arbitrage populaire », martèle l’AMIS.

Game over. L’heure est maintenant au respect des accords signés par les parties. Les ministères du Commerce et des Finances sont interpellés afin d’éviter que la situation ne s’empire.

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