mardi, février 7, 2023
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Reddition des comptes : La société civile sénégalaise annonce une grande manifestation

Le scandale sur la gestion des fonds Covid-19 ne restera pas impuni. C’est l’engagement des organisations de la société civile, qui prônent la traque des coupables.

La responsabilité, l’obligation de rendre compte de ses actes et la capacité de répondre aux besoins de la population. Ces fondamentaux de la gouvernance semblent relégués au second plan par les pouvoirs publics du Sénégal. Pour preuve, le pillage organisé des fonds mobilisés (1000 milliards F CFA) dans le cadre de la lutte contre la pandémie Covid-19 et de la résilience face aux dégâts collatéraux. Une pratique ignoble « qu’il n’est plus question de laisser passer », selon Alioune Tine qui annonce une grande manifestation nationale de la société civile.  

Avant de marteler : « Ceux qui ont fait ça n’ont pas leur place dans le gouvernement et l’administration. Ils ne doivent même pas être en liberté. Il faut y mettre un terme ». Tous les Sénégalais sont ainsi appelés à mener ce combat citoyen. En effet, « personne ne peut fermer les yeux sur ces faits », dit le fondateur de Afrika Jom Center. Et de pointer du doigt l’absence de promptitude de la justice dans de telles situations. En appliquant la même rigueur qu’on met quand il s’agit d’activistes ou d’opposants politiques, qui sont traqués et jetés en prison.

Alioune Tine attend une réaction du pouvoir judiciaire par rapport à cette nouvelle crise de gouvernance. « Sinon ça va créer un dysfonctionnement extrêmement grave des institutions. De ce fait, ça devient un problème à régler par le Président de la République, qui est le responsable moral. Il doit parler, d’autant plus que c’est lui qui avait commandité cet audit », indique-t-il. Toutefois, il a espoir que « les recommandations de la Cour des Comptes seront suivies. Parce que l’ampleur de ces détournements est inestimable (…) Ce serait dommage de faire tout ce travail pour rien ».

A défaut, au nom de l’éthique et du contexte durant lequel ces actes criminels ont été posés, « les mis en cause dans ces détournements doivent démissionner de leur fonction et se livrer à la justice pour se disculper… On se rend compte que quand on est dans la majorité présidentielle, on a de faite une immunité. L’Etat et les institutions sont partisans. Ils ne pardonnent rien aux opposants et sont complaisants avec les gens du pouvoir », croit Alioune Tine. En mentionnant la célérité constatée dans l’exécution des dossiers incriminant Khalifa Sall et Karim Wade.

Et de lancer : « Tout le monde doit se mobiliser pour que la lumière soit faite. Nous attendons la sortie du procureur de la République. Nous ne pouvons pas accepter qu’une minorité profite de l’argent public. A ce rythme, nous risquons d’avoir un Etat mafieux… Ce scandale pousse la population à ne plus donner du crédit aux Dages (Directeurs de l’administration générale et de l’équipement) dont la formation et la moralité posent problèmes ».

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