vendredi, décembre 2, 2022
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Décès de Lamine Diack : Le milieu sportif pleure son président

Sportif accompli, Lamine Diack, décédé ce vendredi à l’âge de 88 ans, a été ministre des Sports du Sénégal dans les années 70. A l’occasion, le monde sportif sénégalais lui rend un vibrant hommage sous forme de témoignages.

Abdoulaye Diaw, journaliste sportif

«C’est difficile d’énumérer toutes les qualités du doyen mais il faut noter que c’était un monument, une légende, une figure emblématique du sport mondial et sénégalais en particulier. C’est avec tristesse que j’ai appris sa disparition, une grande perte pour le Sénégal (…) Il faut rappeler aussi que Lamine fut maire de Dakar et je connais pas mal de personnes qui confirment avoir eu un toit sous son magistère comme pour dire que c’était un homme avec un grand cœur. Le doyen était d’une simplicité exemplaire, aujourd’hui j’en suis sûr qu’il sera au menu dans toutes les rédactions car cet homme a beaucoup fait pour son pays et pour le monde du football. Je prie pour que le tout puissant l’accueille dans son paradis céleste» .

Amadou Dia Bâ, unique médaillé olympique sénégalais en athlétisme

« J’ai le coeur lourd. Tous les Sénégalais doivent rendre aujourd’hui un hommage au président Lamine Diack parce qu’il a été utile à tout le monde. Personnellement, je le considère comme mon père parce qu’il m’aimait beaucoup et me considérait comme son fils. C’était un homme rigoureux, exigeant. Il était exigeant et très dur avec moi. Il me poussait toujours à en faire davantage. Il a joué un très grand rôle dans ma carrière. Quand j’ai remporté la médaille d’argent olympique aux JO de Séoul (1988), j’avais fait un tour d’honneur avant de tomber dans les bras du président Lamine Diack. J’étais en pleurs et il m’avait dit enfin : « Je te félicite mon fils ! ». Avant cette performance, j’avais gagné beaucoup de courses mais à chaque il me disait que je devais faire plus. Il m’avait amené en Italie alors que j’étais jeune athlète pour me perfectionner. Il me surveillait de près rien que pour ma réussite. C’était une référence, un modèle. On fera en sorte de perpétuer sa mémoire… ».

Baba Tandian, ancien président de la Fédération sénégalaise de basketball

« Le Sénégal a perdu un grand ministre des Sports. Un très grand ministre des Sports. Le meilleur des meilleurs. Il a élevé très haut le drapeau du Sénégal à l’extérieur. Les occidentaux ont essayé de lui mettre des bâtons dans les roues en le faisant sortir par la petite porte de l’Histoire mais c’est raté. Lamine Diack passera par la grande porte de l’Histoire. C’était mon ami et oncle. Je présente mes condoléances à son fils, mon jeune frère Massata Diack. Quand j’ai eu des problèmes avec le monde du basket sénégalais, Lamine Diack m’appelait depuis la France alors qu’il était en résidence surveillée. Il me disait : « Baba accroche toi ! Je suis un ancien ministre des Sports mais je me rends compte que le sport paie très mal ses serviteurs. C’est comme ça…». J’ai de la grande peine avec la disparition de Lamine Diack. C’est une grosse perte pour le Sénégal. Sa mémoire doit être sauvegardée pour que personne ne l’oublie. Que son âme repose en paix ! »

Amy Mbacké Thiam, championne du monde en 400m en 2001

« Le Sénégal vient de perdre un grand monsieur de l’athlétisme sénégalais, africain et mondial. Quand j’ai appris la nouvelle de son décès ce matin, j’ai eu vraiment de la peine. Je lui dois beaucoup. C’était un visionnaire qui avait su concrétiser le CIAD (Centre international d’athlétisme de Dakar) dont je fais partie de la première promotion en 1998. C’est de là qu’est parti tous nos titres dont le mien en 2001 aux championnats du monde d’Edmonton au Canada. N’eût été Lamine Diack je n’aurais pas pu décrocher ce titre parce qu’il avait eu la clairvoyance de comprendre que l’athlétisme c’est la base et d’ouvrir ce centre de Dakar. Il voulait que l’Afrique forme ses propres athlètes en Afrique pour qu’on n’ait pas à nous exporter en Europe ou aux Etats-Unis. Nos destins se sont croisés parce que j’ai gagné mon titre mondial en 2001 et c’est l’année où il a été porté à la tête de l’IAAF (Fédération internationale d’athlétisme). Il a beaucoup innové à la tête de l’IAAF parce que quand j’ai gagné mon titre mondial, il m’avait trouvé dans la salle d’attente avant la remise des médailles et m’avait dit : « Est-ce que tu sais que tu as gagné 60.000 dollars ? ». Avant les champions ne gagnaient que des voitures, etc.… Il est à l’origine des primes, de la venue de beaucoup de sponsors, des meetings et des Golden League…»

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