mardi, février 7, 2023
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Hamchétou Maïga-Ba : « Pourquoi les basketteuses maliennes viennent jouer au Sénégal »

L’ancienne basketteuse malienne Hamchétou Maïga-Ba, championne WNBA (Ligue américaine) en 2005, fait partie des stars invitées pour animer le camp NBA Academy Africa réservé aux jeunes joueuses africaines, à Saly (5 au 8 décembre 2022). Dans cet entretien, elle revient sur l’important d’une telle initiative, sans manquer de jeter un mot sur le basketball sénégalais où la championne d’Afrique (2007) a évolué sous le maillot du DUC et a été sacrée « reine » (MVP) de la saison 1997-1998.

Quel est l’objectif de ce camp féminin de la NBA Academy Africa ?

C’est un camp pour les jeunes filles africaines. Le but est de leur donner une opportunité de pouvoir s’excprimer plus et pasc seulement sur le côté basketball. Mais égalelet sur le plan educatif, de montrer leur côté femme et qu’elles sont aussi importantes que les garçons. Donc se valoriser. Des occasions de ce genre, les basketteuses n’en ont pas beaucoup. Ce quoi est bien pour nous en Afrique, parce qu’il y a énormément de talents. Et la présence à leurs côtés d’anciennes championnes comme moi ou Astou Ndiaye, c’est pour leur montrer qu’elles n’ont pas besoin de regarder loin, d’aller aux Etats-Unis pour trouver des régférences. Nous avons des joueuses qui sont nées et ont grandi ici, de purs produits africains qui ont pu exceller. Donc elles peuvent rêver de faire mieux que ce que nous avons réalisé.

Cela contribue au développement du basketball continental ?

Quand on va dans les équipes des universités américaines ou d’Europe, les joueuses majeures sont des Africaines. C’est bien de venir dénicher des jeunes et de leur permettre de réussir une belle carrière. Maintenant, je fais partie de ceux-là qui croient que des camps comme ça, ce n’est pas que pour envoyer des talebts à l’extérieur. Il s’agit d’une opportunité de les outiller de telle sorte qu’elles sachent qu’il y a d’autres choses en dehors du basketball. Ces qualités qu’elles vont acquérir en tant que sportives peuvent être utiles ailleurs que sur un terrain. Elles ont beaucoup à offrir.

A ce propos, qu’attendez-vous des Fédérations nationales ?

Il y a le partenariat FIBA-NBA. On espère qu’il va se prolonger pour apporter beaucoup plus sur le plan féminin. On a mis en place la BAL (Basketball Africa League) réservée aux clubs masculins. J’attends avec impatience la même chose pour les féminins. Et là, les Fédérations nationales ont un rôle important à jouer. Tout ce travail ne peut pas se faire sans leur accompagnement. Il faut aussi le soutien des gouvernements et des populations. Cette symbiose est nécessaire.

 Quel est le regard de l’ancienne internationale que vous êtes sur l’évolution du basketball féminin africain ?

Les Fédérations nationales ont beaucoup à faire sur le plan de l’organisation du basketball au niveau local. Il faut beaucoup de compétitions. Car quand on n’a pas un bon championnat, il est difficile de prétendre jouer les premiers rôles lors des joutes continentales. Ce qui fait que les Etats sont souvent réticents à investir de l’argent pour au final avoir de mauvais résultats. Donc il faut travailler sur la formation à la base. Ce qu’un pays comme le Mali a pris en compte. Le Sénégal le faisait aussi, j’imagine qu’il continue dans ce sens. C’est essentiel.

Comment expliquez-vous la forte présence de joueuses maliennes dans le championnat du Sénégal à chaque saison, depuis plus de 25 ans ?

La seule explication, c’est que le niveau du basketball sénégalais est plus relevé que celui du Mali. Il y a un côté « professionnel ». Un exemple à suivre pour beaucoup de pays du continent. Bien qu’il y a encore à s’améliorer au niveau de l’organisation… L’Afrique a plus de talents comparativement aux années précédentes, mais on ne voit pas ce changement qui ferait une grande différence… Je vois un nombre important de joueuses maliennes au Sénégal. J’aurais aimé voir la même chose au Mali et dans d’autres pays africains.

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