vendredi, décembre 2, 2022
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Yatma Diao (pdt ASCVD) : « Imposer à la Fédération la professionnalisation du basketball locale »

La professionnalisation du basketball sénégalais est primordiale pour la survie des clubs du National 1, qui perdent chaque saison leurs meilleurs éléments. Sans une compensation financière.

La section basketball de l’ASC Ville de Dakar (ASCVD), comme à chaque entame de saison, a tenu son assemblée générale d’informations ce samedi. « C’est une session statutaire, nous avons l’obligation de rendre compte aux membres, faire le bilan (activités sportive et financière) et d’exposer les objectifs », a confié le président Yatma Diao. La rencontre a permis à l’assistance d’apprécier les excellents résultats de l’équipe féminine lors du dernier exercice : en réalisant le Grand Chelem (Championnat, Coupe nationale, Coupe du Maire). Et de saluer la progression constante de l’équipe masculine.  

Par contre, il a été déploré les départs massifs de joueuses (7) vers l’étranger. Des transferts qui ne profitent pas du tout au club, dans la mesure où le basketball sénégalais a un statut d’amateur. « La FIBA comme la Fédération nationale ne nous permettent pas d’avoir des retombées financières. La réflexion doit être initiée à ce niveau pour que des solutions soient trouvées avec les clubs », dit Yatma Diao. Avant de suggérer : « Si on doit mettre en place un Championnat pro qu’on s’y attelle. S’il s’agit de changer les textes de FIBA que la fédération commence à travailler dessus ».

Pour lui, cette situation ne peut plus continuer, « parce que ça tue les clubs, ainsi que l’engagement que les gens ont pour le basketball. Il faut ces réformes, si nous voulons que la discipline prospère, que le Sénégal conserve son statut. Cela devient primordial. C’est une demande forte pour nous permettre de tirer profit des transferts ». Et dans l’immédiat. « Pour cette saison (2021-2022), on ne pourra le faire, mais on doit déjà démarrer la réflexion avec les clubs. On connaît ceux qui dépensent beaucoup d’argent. Il va falloir qu’il y ait une concertation autour de la question », indique le président de l’ASCVD.

En soulignant : « Quand on parle de concertation, on croit que c’est pour s’opposer à la fédération. Mais si elle ne fait pas le travail, nous en tant que clubs serons obligés de nous organiser et de discuter pour imposer cela à la fédération, qui doit prendre la balle au (re) bond en essayant d’aller vers la professionnalisation. Sinon, on va l’exiger. On a la possibilité de le faire. Les grands clubs en refusant de participer aux compétitions, la fédération sera obligée de suivre. Ce n’est pas une menace, mais on travaille pour que le basketball local aille de l’avant ».

Chaque saison, l’ASC Ville de Dakar « dépense énormément d’argent ». Un montant de 124 millions F CFA a été consacrée à celle qui vient de s’écouler avec une masse salariale de 90 millions F CFA. « Cela donne une idée de ce qui se fait. Ça ne doit pas passer par pertes et profits. On gagne le Championnat, la coupe du Sénégal, la coupe du maire, et on ne reçoit pas (en primes) 10% de notre budget. L’ASCVD a la chance d’avoir derrière une institution (mairie de Dakar) qui subventionne. Pareil pour le DUC et la Douane. Donc ce sont ces clubs qui survivent, sinon c’est compliqué pour les autres. Soit on accepte d’avancer, soit on s’arrête. Là, on recule et c’est dangereux pour le basketball sénégalais », plaide Yatma Diao.

Concernant les ambitions du club en 2021-2022, il est question de maintenir les filles au sommet du National 1. Un bon recrutement a été effectué. Des étrangères (congolaise et malienne) vont renforcer le groupe. Le même investissement est fait chez les garçons « qu’on veut hisser au même niveau. Il y a un renforcement de qualité en joueurs et techniciens. On veut bousculer la hiérarchie de l’élite masculine ». Ainsi, le budget est revu à la hausse (124 à 159 millions F CFA). Surtout que, c’est à ce niveau qu’il y a plus de perspectives sur le plan continental avec la Basketball Africa League (BAL).

Et le président de l’ASCVD de regretter : « Voilà trois ans qu’on veut aller en Afrique avec notre équipe féminine, mais FIBA n’organise pas de compétition. C’est pourquoi nous n’avons pas prévu cela dans le projet de budget de cette nouvelle saison. D’ailleurs, je n’ai plus envie de parler de Championnat d’Afrique, parce qu’on fait ce qu’il faut mais si rien ne bouge en haut, c’est difficile. Les fédérations doivent travailler dans le sens d’avoir une FIBA forte. L’organisation du basketball est désolante (…) Il faut poser les véritables problèmes au lieu d’être là juste pour être élu ».

A noter que l’équipe dirigeante de la section a été félicitée par l’assemblée. « Quand on fait un travail et que ceux-là qui sont derrière approuvent, c’est cette reconnaissance qui motive à continuer », lance Yatma Diao. En précisant que l’issue des prochaines élections locales (23 janvier) n’aura aucun impact négatif sur les prévisions de l’ASCVD. « On n’a pas d’inquiétude à ce niveau. D’autant plus que tous les candidats à la mairie de Dakar ont la fibre sportive. Ce que Soham El Wardini (la maire sortante) a fait est exceptionnel », confie-t-il.

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